Le GR62, un itinéraire encore récent entre Rodez et Conques

Le GR62 « De Rodez à Conques, sur les pas de Pierre Soulages » est un sentier de grande randonnée relativement nouveau : son topoguide officiel n'a été publié qu'en 2024 par la Fédération Française de la Randonnée Pédestre. Beaucoup de nos hôtes n'en ont donc jamais entendu parler, et c'est bien normal. Le tracé aveyronnais relie le village d'Inières, au pied du Lévézou, jusqu'à Conques, en passant par Rodez : compter environ 70 à 76 km, généralement parcourus en cinq étapes sur trois à cinq jours, avec un dénivelé cumulé assez conséquent pour un causse qu'on imagine souvent tout plat.

L'idée derrière ce balisage n'est pas seulement sportive : le nom du parcours rend hommage à Pierre Soulages, le peintre né à Rodez, et l'itinéraire relie symboliquement le musée qui lui est consacré dans sa ville natale aux vitraux qu'il a conçus, des décennies plus tard, pour l'abbatiale de Conques. On trouve d'ailleurs le musée Soulages à une petite demi-heure du gîte, pour ceux qui veulent prolonger le lien entre les deux étapes du parcours.

Du Causse Comtal au vignoble de Marcillac

Les deux premières étapes quittent Inières pour rejoindre Rodez, puis Salles-la-Source, en traversant le Causse Comtal : de grands espaces ouverts, calcaires, où le regard porte loin. C'est à Salles-la-Source, avec sa cascade et son patrimoine bâti, que le paysage commence à changer de nature. La troisième étape descend ensuite vers Marcillac-Vallon, et c'est à ce moment-là que le GR62 traverse ce qui nous tient le plus à cœur : le vignoble de Marcillac, en terrasses, où la vigne s'accroche à des sols rougeâtres caractéristiques du Rougier. C'est exactement le paysage de la photo en tête de cet article. On ne s'en lasse pas, été comme automne, quand les feuilles de vigne rougissent à leur tour.

De Marcillac à Conques, dans notre vallée

La quatrième étape, la plus longue (environ 22 km), quitte Marcillac-Vallon pour rejoindre Saint-Cyprien-sur-Dourdou en passant par Saint-Jean-le-Froid, Combret et Nauviale, où l'on passe juste au pied des ruines du château de Beaucaire : le sentier longe alors la vallée du Dourdou et du Créneau, à quelques kilomètres à peine de chez nous, avec des vues qui portent, par temps clair, jusqu'aux monts du Cantal et à l'Aubrac. La cinquième et dernière étape referme la boucle en une dizaine de kilomètres jusqu'à Conques, en traversant le Ségala. Le GR62 lui-même ne passe pas directement par Pruines, mais il chemine dans le même secteur que le gîte, ce qui en fait une excellente idée de sortie à la journée en voiture : on se gare à une extrémité d'étape, on marche, et on revient dormir chez nous le soir.

Le GR62 et le chemin de Compostelle, à l'arrivée sur Conques

Le GR62 s'achève à Conques, l'une des étapes majeures de la Via Podiensis, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui descend depuis Le Puy-en-Velay et qu'on connaît ici sous le nom de GR65. Les deux itinéraires ne se confondent pas : le GR62 est un sentier récent et purement régional, quand le GR65 est un axe de pèlerinage historique. Mais ils se croisent bel et bien à Conques, où l'on voit souvent, à la sortie de l'abbatiale, des randonneurs du GR62 se mêler aux pèlerins sac au dos qui repartent vers Figeac. On en parle plus longuement dans notre article sur Conques et son abbatiale, à quinze minutes de route du gîte.

Nos propres sentiers, au départ du gîte

On ne va pas se mentir : la plupart de nos hôtes ne viennent pas pour enchaîner cinq jours de GR62 avec sac à dos et bivouac. Ce qu'on leur propose, la majorité du temps, ce sont des balades plus courtes, directement accessibles à pied depuis la propriété. Le domaine d'un hectare du gîte donne sur des chemins qui grimpent doucement entre vignes, bois et petites crêtes, avec des points de vue sur la vallée du Dourdou qui valent largement le détour, surtout en fin de journée quand la lumière rase les pentes. On indique volontiers, sur place, la boucle qu'on fait nous-mêmes le plus souvent : une petite heure, sans grosse difficulté, mais avec assez de dénivelé pour se sentir en pleine campagne aveyronnaise, entre murets de pierre sèche et parcelles de vigne qu'on regarde changer de couleur au fil des saisons.

C'est aussi ce qu'on préfère proposer aux familles avec de jeunes enfants, ou à ceux qui arrivent tard le premier soir et veulent juste se dégourdir les jambes avant le dîner : pas besoin de prendre la voiture, on chausse ses baskets à la porte du gîte et on part directement. Les plus courageux enchaînent ensuite, le lendemain, avec une vraie sortie plus longue vers le vignoble ou vers les gorges du Dourdou ; les autres se contentent de ce tour du soir, verre de vin de Marcillac à la clé au retour.

Pour ceux qui veulent aller plus loin sans forcément suivre le balisage GR, tout le réseau de chemins communaux et de sentiers inscrits au PDIPR (le plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée) est accessible aux alentours, entre causses, bois de chênes et vallons encaissés. On recommande de toujours partir avec une carte IGN ou une application de randonnée à jour : le balisage local est bon, mais il ne remplace pas un vrai fond de carte quand on quitte les sentiers les plus fréquentés. Les offices de tourisme de Conques-Marcillac et de Rodez Agglomération éditent chaque année des fiches de randonnée gratuites, très bien faites, qu'on garde volontiers à disposition de nos hôtes.

La vélo-route du Dourdou, pour ceux qui préfèrent deux roues

Tout le monde n'a pas envie de marcher, et c'est très bien ainsi : la vélo-route du Dourdou suit la rivière sur une partie de son cours, avec un profil globalement roulant qui convient aux familles comme aux cyclotouristes plus aguerris. On la conseille souvent en complément d'une randonnée, un jour de repos pour les jambes où l'on découvre la vallée sous un autre angle, au fil de l'eau plutôt qu'en crête. Beaucoup de nos hôtes viennent d'ailleurs avec leur propre vélo, chargé sur le toit de la voiture, pour enchaîner les deux façons d'explorer la région.

Nos conseils pratiques avant de partir

En Aveyron, le climat peut changer vite, surtout sur les crêtes exposées : on part toujours avec une petite laine et une veste coupe-vent, même en plein été, et beaucoup d'eau, car les sources et fontaines ne sont pas systématiques sur les longues étapes. Les mois de mai-juin et septembre-octobre restent nos préférés pour randonner : les journées sont encore longues, la chaleur moins écrasante que début août, et le vignoble de Marcillac est particulièrement beau aux vendanges. Question chaussures, une bonne paire de chaussures de randonnée basses suffit largement pour nos sentiers et pour les étapes du GR62 telles qu'elles sont décrites dans le topoguide officiel : pas besoin de grosses chaussures montantes, sauf si vous comptez sortir des sentiers balisés.

Dernier conseil, et pas des moindres : pensez au retour. Le GR62 se marche dans les deux sens, mais si vous ne faites qu'une étape à la journée sans faire de boucle, il faut prévoir comment revenir à votre point de départ. Sur la partie qui nous intéresse le plus, entre Marcillac-Vallon et Conques, une ligne de bus régionale dessert certains points du parcours d'avril à octobre, avec quelques allers-retours quotidiens ; on se renseigne toujours à jour auprès de l'office de tourisme avant de partir, les horaires pouvant changer d'une saison à l'autre. Sinon, la solution la plus simple reste souvent de laisser une voiture à chaque bout, ou de nous demander conseil : on connaît la plupart des parkings de départ par cœur.