Un gouffre de 67 mètres de profondeur

« Tindoul » signifie simplement « gouffre » en occitan, et celui-ci porte bien son nom : une ouverture ovale d'environ 40 mètres de long sur 25 mètres de large, qui plonge sur 67 mètres dans le calcaire du Causse Comtal. On aime le contraste de ce lieu : des pâturages tranquilles à perte de vue, et soudain ce trou béant qu'on découvre presque sans prévenir en approchant du bord.

Le gouffre s'est formé par l'action de rivières souterraines qui ont sculpté, au fil des millénaires, un vaste réseau de galeries : la principale mesurerait environ 4 kilomètres, mais deux ou trois d'entre elles restent à ce jour inaccessibles. Ce même réseau souterrain alimente la cascade de Salles-la-Source, à quelques kilomètres de là : l'eau qui jaillit au cœur de ce village construit autour de sa cascade prend en partie sa source ici, sous le plateau.

Une histoire d'exploration qui remonte au XVIIIe siècle

Le Tindoul intrigue les curieux depuis longtemps. Ses premières explorations remontent au XVIII⁠e siècle, avec l'abbé Charles Carnus et son équipe, qui descendent au fond du gouffre pour en comprendre la configuration. Plus tard, durant l'été 1892, une exploration plus méthodique est menée par Édouard-Alfred Martel et son cousin Gaupillat : Martel est aujourd'hui considéré comme l'un des pionniers de la spéléologie moderne, et son passage ici s'inscrit dans une série d'explorations qui ont posé les bases scientifiques de cette discipline en France.

Notre conseil pour la visite

On ne descend pas dans le gouffre sans matériel et encadrement spécialisés : ce n'est pas une sortie à improviser soi-même, et nous ne recommandons cette descente qu'encadrée par un club de spéléologie local. En revanche, le site se contemple très bien depuis la surface, en prenant le temps de faire le tour du bord pour observer l'ouverture sous différents angles et essayer d'imaginer l'ampleur du réseau qui se cache dessous. C'est une balade courte, mais qu'on préfère vous voir prendre comme un but de sortie à part entière plutôt que comme un simple détour sur la route d'ailleurs : le lieu se mérite par la curiosité qu'on lui porte, pas par la vitesse à laquelle on le traverse.